« Comment j’ai cessé d’être juif » de Shlomo Sand. Ed. Café Voltaire.
J’avais eu l’occasion de voir à Bordeaux Shlomo Sand à l’Athénée municipale dans une conférence organisé par L’UJFP pour la sortie de son livre « Comment le peuple juif fut inventé ». Formidable historien qui est à contre courant de l’idéologie de l’Etat d’Israël. Dans celui-ci, il enfonce le clou avec brio, humour et connaissances historiques irréfutables. En 140 pages il explique l’incroyable storytelling qui a créé une identité fictive de toutes pièces à travers l’histoire de la construction de l’Etat d’Israël. Il s’attaque aux gros de la mythologie contemporaine d’abord gentiment à la liste de Schindler de Steven Spielberg et/ou certains aspects de Nuits et Brouillards d’Alain Resnais et ensuite violemment au film la Shoah de Claude Lanzmann. Il démonte aussi les autres mythes anciens ou comment on a reconstruit une nouvelle culture juive/israélienne même dans le choix des noms. « Un exemple parmi d’autres : la propension à remplacer les noms « juifs exiliques » par des dénominations hébraïques a fait flores parmi les élites culturelles et la jeunesse des bons milieux……. » « Des noms cananéens. Jouissaient d’un attrait particulier c’est ainsi que tous les dirigeants d’Israël, et avant eux leurs parents pionniers, ont abandonné les patronymes que les juifs avaient adoptés depuis les premiers recensements modernes de population :David Grun est passé à la postérité comme David Gourion,Szymon Perski s’est fait connaître en Shimon Peres, Yitzhak Rabin est né Rubitzov, Ehoud Barak avait été Brog, Ariel Scheinermann est devenu Sharon, le père de Benjamin Netanyahou est né Milekowsky et Shaoul Mofaz, lorsqu’il était enfant, s’appelait Sharam Mofaz-Zaka. »
D’un débat amical dans une grande cuisine du XI arrondissement chez des amis est né ce livre. Une amie demande : « dis moi, Shlomo, pourquoi mon mari qui ne met jamais les pieds dans une synagogue, qui ne célèbre pas les fêtes juives, qui n’allume ^pas de bougies le jour du shabbat, et qui ne croit pas en dieu est défini comme juif, tandis que moi, qui ne vais plus à l’Eglise depuis des années, moi qui suis complètement laïque, personne ne me définit comme chrétienne et catholique ? »
A lire et relire pour bien comprendre les manipulations.
