Retour à Saint-Laurent des arabes de Daniel Blancou. Ed. Shampoing. Comme pour laver les saletés de l’histoire.
Dans cet BD il s’agit des harkis, les « dégommés » et les « gommés » de l’histoire de France, celle des vaincus des vaincus comme un lumpenprolétariat. Les prolétaires des prolétaires ?
Prenant car c’est une partie de l’histoire occultée par tous les partis de droite comme de gauche. Un témoignage salutaire. « Daniel interviewe ses parents instituteurs sur une période de leur vie professionnelle qui les a profondément marqués : leur travail au sein d’un camp de réfugiés Harkis dans les années 60-70. L’enquête personnelle menée par le fils sert de thérapie et permet l’extériorisation d’un poids enfoui depuis des décennies au fin fond d’une mémoire meurtrie par l’oubli imposé par une chape de plomb nationale.
C’était il y a presque cinquante ans, un demi-siècle, une éternité, et pourtant cela reste ancré dans leur esprit comme si c’était hier. La volonté de ne pas oublier le comportement inacceptable du pays de la liberté et l’incompréhension du moment, mais surtout la nécessité de confirmer le caractère indispensable de leur expérience. Simplement parce qu’il fallait que quelqu’un fasse le boulot et que leurs convictions étaient les bonnes : le don de soi pour aider les autres, la nécessité d’une conscience professionnelle irréprochable née de leur vocation. »
