Jeudi 28 JANVIER 2016 à 20h15
SOIRÉE DE LANCEMENT DE LA NOUVELLE FORMULE DE POLITIS, journal indépendant depuis 28 ans !
Projection unique de CONTRE-POUVOIRS (film documentaire consacré au quotidien indépendant algérien El Watan) suivie d’une rencontre avec Denis Sieffert, rédacteur en chef de Politis, et Patrick Maupin, administrateur de Pour Politis, l’association des lecteurs et amis du journal.
Soirée organisée avec la radio La Clef des Ondes (90.10).
http://la.cle.des.ondes.pagesperso-orange.fr
Achetez vos places à l’avance, à partir du Lundi 18 Janvier.
Politis est un hebdomadaire créé en 1988 (premier numéro le 21 Janvier 1988, son titre : « La France manque d’immigrés ») par plusieurs journalistes, dont Bernard Langlois. C’est un journal d’opinion à l’engagement humaniste, social et écologique qui parie sur la capacité d’analyse et de réflexion de ses lecteurs plutôt que sur le recours à l’émotion et à la sensation. Aucun grand groupe économique n’est derrière Politis qui, gage de son indépendance, ne vit que de ses ventes en kiosques et surtout de ses abonnements. Peu de publicité dans ses pages, pour des annonceurs triés sur le volet (Le Monde Diplo, la MGEN…). Depuis 2006, Politis est accessible sur Internet : POLITIS. Au cours de sa – toujours fragile – vie, le journal a subi plusieurs déboires financiers, dont un particulièrement grave en 2006 l’obligeant à lancer une souscription : 968 000 euros récoltés ! L’occasion pour ses salariés de former avec des lecteurs l’association Pour Politis. Le 21 Janvier 2016, Politis lance une nouvelle formule, plus que jamais attachée à ses valeurs de départ, plus que jamais ouverte sur le monde et offensive, plus que jamais critique de la dérive néolibérale de la gauche traditionnelle.
CONTRE-POUVOIRS
Malek BENSMAÏL - documentaire Algérie/France 2015 1h37mn VOSTF -
Du 28/01/16 au 28/01/16
C’est un documentaire remarquable à la narration classique, mais instructif et nécessaire. Une plongée dans le quotidien du comité de rédaction d’El watan, plus grand journal francophone algérois fondé en 1990, qui n’a rien à envier à ses confrères internationaux, avec son édition en ligne, ses suppléments thématiques, ses correspondants spécialisés, et qui a su intelligemment et vite se moderniser.
On suit ici la campagne électorale qui verra le cacique Bouteflika, pathétique ombre de lui-même, obtenir un quatrième mandat présidentiel au printemps 2014. Le film suit ce chantier et un autre aussi en parallèle, le déménagement du journal dans de nouveaux locaux en construction, symboles de sa future indépendance, et de l’évolution de certains pans de la société algérienne. Avec ses moments ubuesques, comme ceux qui nous montrent le contre-maître algérien et les ouvriers de l’entreprise chinoise, à la fois guinéens, turcs, maliens qui ont bien du mal à se comprendre.
Vingt ans après une vague d’assassinats, la sanglante décennie noire, qui a vu une centaine de journalistes périr « par l’épée », Bensmail rend hommage à cette presse d’opposition bien vivante qui ne cesse de se battre face à la mascarade du pouvoir à laquelle se prête le personnel politique, qui voudrait tout museler et prendre le peuple pour des ânes bâtés. Il filme les visages, les rotatives, la machine en mouvement, c’est un film au cœur de la rédaction, sur la construction et la circulation, celle des réunions, articles en écritures, réflexions et débats d’idées entre journalistes, dessins satiriques à la une, et ces moments d’une presse farouchement indépendante qui sont l’expression et la trace des soubresauts de la vie politique et sociale de l’Algérie.
L’Algérie est une société qui se cherche, dans cette rédaction les idées s’opposent, on perçoit un chaos quotidien, doutes, contradictions s’entrechoquent et c’est sûrement la force de ce journal, laboratoire d’idées où se défend viscéralement une conscience politique pour donner malgré tout la parole au peuple, un maelström qui infuse aussi ce rythme tendu au film.
Le réalisateur a su transcrire la complexité et l’intelligence de ces journalistes aux convictions personnelles parfois divergentes, mais pour lesquels l’unité est une priorité, l’expression du contre-pouvoir indispensable à chaque moment où la démocratie vacille. On apprend comment se forme, s’oppose et se construit l’information indépendante. Journaliste est un métier dangereux, « l’absence de loi donne à l’activité journalistique un haut risque pénal » souligne le patron Omar Belhouchet, véritable héros de la guerre pour la liberté d’expression.
Bensmail ajoute : « En Algérie, il est plus facile de définir les contre-pouvoirs ». Dans de belles ouvertures extérieures, piqûres de rappel nécessaires, il nous suggère que dans la rue, des mouvements sociaux de contestation, tels que Barakat, existent bien, preuve s’il en était besoin que filmer comme informer sont des activités vitales à la vie de l’Algérie.
