Dans le cadre de « la classe ouvrière,ce n’est pas du cinéma"
dont la Clé des ondes 90.10 est partenaire, avec d'autres.
Projection Unique:
le MARDI 19 JANVIER à 20 h 30 à l'Utopia Bordeaux.
- documentaire Carmen Castillo
France/Belgique 2015 1h43mn - avec Sophie Bensaïd, Alain Krivine, Olivier Besancenot, les zapatistes du Chiapas, les sans terre du Brésil, les squatters de Sao Paulo, les militants du DAL, les acteurs de la lutte de Cochabamba en Bolivie, les femmes engagées des quartiers Nord de M... Textes splendides de Daniel Bensaïd.
« Le vieux a du mal à mourir, le neuf tarde à naître. » Antonio Gramsci - « Il n’y a de combats perdus que ceux que l'on a pas menés. »
Oscar Oliveira, syndicaliste bolivien
Et Débat :
La vie de Carmen Castillo n'a pourtant pas été pavée que de bonheurs et de victoires. Compagne de route de l'expérience Allende, elle a vu les mille jours de progrès social s'achever dans le sang avec le coup d'État de Pinochet – qu'elle a vécu dans sa chair avec la mort de son compagnon et l'exil forcé. Puis, après les années de soutien et de luttes en France, ce sera parfois le doute et le découragement. Parmi les compagnons indéfectibles toujours confiants et jamais abattus, il y avait le philosophe marxiste Daniel Bensaïd, cofondateur avec Alain Krivine de la Ligue Communiste Révolutionnaire. Daniel Bensaïd, penseur brillant et truculent, toujours lucide mais jamais pessimiste, que nous avons reçu pour une rencontre stimulante et bouleversante peu avant que la longue maladie finisse par avoir raison de lui en 2010.
Carmen Castillo, portée par les textes splendides de son ami disparu, est allée à la rencontre de ceux pour qui l'engagement et la lutte se déclinent au quotidien :
Oscar Oliveira, un des pionniers de la lutte pour l'eau à Cochabamba en Bolivie, qui refusa des fonctions ministérielles dans le gouvernement Morales pour rester au plus près des gens ; les sans terre brésiliens qui ont amené le Parti des Travailleurs à penser « l'éco-socialisme » ;
les militants du DAL en France qui ont montré l'iniquité de la non-politique du logement par leurs actions d'occupation de bâtiments inoccupés ; des femmes des quartiers Nord de Marseille qui rendent leur dignité aux habitants de ces endroits stigmatisés par les médias ; ou encore des syndicalistes de la raffinerie de Donges, dont le leader, en pleurs au moment de la fin de la grève contre la réforme des retraites, rappelle que l'émotion fait aussi partie de la lutte et que bien au-dessus des partis-pris idéologiques, la lutte de tous ces gens est une lutte avant tout pour la vie et pour le progrès.
Et surtout on réalise que, à l'instar de ce jeune homme en galère qui a vu sa vie transformée par l'engagement aux côtés du DAL, la lutte et l'engagement peuvent devenir le tuteur autour duquel on érige une vie et qui donne un sens.
On ressort rasséréné du film de Carmen Castillo, plein de cette énergie que l'on ressent dans les grands moments historiques mais qui souvent disparaît trop vite et qui là s'installe durablement.
