Roman : « Amerika, Amerika » de Rabee Jaber Ed. Gallimard.
Plus qu’un Roman car les recherches sur l’immigration syrienne du mont Liban donnent une dimension sociologique à cette extraordinaire aventure romancée.
Tout libanais expatrié, de la deuxième génération ou troisième, qui a entendu sa famille raconter par bribes leur histoire d’immigrés se retrouve dans cette description.
C’est à travers la destinée d’une Syrienne que l’auteur libanais raconte même une partie de l’histoire de sa famille. Pas étonnant que ce livre s’est installé parmi les meilleures ventes de plusieurs librairies beyrouthines et du premier site de vente en ligne.
Dans Amerika, ce journaliste et écrivain prolifique, auteur de quelque seize romans, décrit l’attraction qu’exerça le Nouveau Monde sur les populations moyen-orientales du début du XXe siècle. Certains dans leur immigration pensaient partir en Amérique et ils se sont retrouvés en Afrique. « Los Turcos » car la Syrie faisait partie de l’empire ottoman venait en grosse partie du Mont Liban. Une attraction mais aussi une misère les faisait fuir ce pays qui a subi des famines importantes. Des son arrivée avant la Première Guerre mondiale à Ellis Island, sinistre point d'entrée des migrants à New York, jusqu'à sa mort en Californie dans les années 1970, voici donc les aventures de Marta Haddad et de sa communauté, obligée, au début de survivre en multipliant les petits boulots de colportage ou de coutures et s’est enrichie par la volonté de la réussite et ensuite d'affronter la Grande Dépression. Et plus, à lire.
Un récit de la force d’un conte
