Roman Luz ou le temps sauvage d’Elsa Osorio. « Tout est bon chez elle il n’y a rien à jeter » un excellent roman ! A première vue on peut être réticent lorsqu’on est au courant de la situation en Argentine dans les années de dictature. On peut se dire encore un livre sur cette période. Eh bien oui ! Mais elle se démarque par l’originalité de la construction de son livre, une première partie en 1976 – la période dure du coup d’état des généraux- une deuxième partie – celle de la transition mais toujours dangereuse- une troisième partie 1995/1998 celle de la démocratie mais (comme au chili) la peur perdure. Luz regarde ce monde et se cherche comme gamine et ado et femme. Elle fini par découvrir qu’elle est une enfant de « disparus ». Luz est installée dans un café avec Carlos, son père biologique et lui raconte son histoire. Et l'histoire est "coupée" de passages en italique représentant la conversation présente entre Luz et Carlos faite de commentaires sur des passages de l'histoire racontée par Luz. Ce choix rédactionnel donne une dimension émotionnelle et une tension au texte.. L’histoire devient passionnante, émouvante et à 4h du matin on referme le livre pour se rendre compte de la violence des dictatures soutenues par les Américains.
L’écriture est simple, fluide ce qui fait passer merveilleusement les sentiments des personnages et le caractère dramatique des situations. Même si dans chaque période il y a des répétitions elle ne gênent en rien à l’histoire dramatique. Le principal atout est qu’il n’est manichéen, Luz malgré la vérité a toujours un attachement à sa famille.
Rares sont les livres qui sont à la fois aussi émouvants, aussi captivants et aussi intéressants que celui-ci. Si aujourd’hui cette période n’est plus le roman d’osorio montre bien que tout n’est pas fini. Suivre l’association HIJOS (Hijos e Hijas por la Identidad y la Justicia contra el Olvido y el Silencio) qui cherche toujours les disparus et dont le slogan est « Ni oublie Ni pardon » L’espoir de punir ces hijos de puta de généraux et leurs subalternes.
Extraits
« Elsa Osorio réussit à construire une trame romanesque d'une grande efficacité, et l'on suit sans relâche le parcours effectué par Luz et les différents protagonistes de l'histoire dans cette quête identitaire pour retrouver ses racines. C'est avec beaucoup de finesse qu'elle trace le portrait des différents héros, montrant ainsi les diverses attitudes qu'un individu est susceptible d'adopter face aux événements de l'Histoire : à côté des acteurs, de ceux qui se battent, il y a tous ceux qui ferment les yeux pour que le fragile équilibre de leur univers personnel subsiste.
Elsa Osorio brosse un tableau réaliste, avec une infinie sensibilité, loin de tout manichéisme. En même temps, elle touche à des questions essentielles, qui concernent tout un chacun, celles de l'identité, de la filiation, de la relation qui unit les êtres au sein d'une famille, et de l'amour.
Ce livre haletant, qu'on peine à refermer avant d'en lire la dernière ligne, touche et émeut au plus haut point.
A lire absolument ! »
