La nuit recommencée de Leonardo Brizuela Ed. Seuil.
Pendant que j’étais entrain de lire ce superbe roman sur la mémoire des évènements pendant la dictature du Général Videla en argentine, j’ai regardé un film argentin terrible « El Premio ». Dans l’argentine des années 70, une petite fille partage avec sa mère un lourd secret. Retranchée au bord de l’océan, la fillette se met en danger le jour où l’armée demande aux élèves de rédiger une lettre à la gloire des militaires. Un conseil ne le regardait pas le soir avant d’aller au lit !
A propos de Videla, nous avons pendant la coupe du monde, en 1978, en Argentine, collé des affiches « La Coupe Du Monde Est Pleine, VIDELA ». Mémoire quand tu nous tiens, tu nous tiens bien, avant qu’Alois n’intervienne dans notre vie.
Ce roman commence en 2010, l’auteur se remémore un événement vécu en 1976, à la suite d’un cambriolage a lieu dans son quartier. Les voleurs ont employé la même technique que la police militaire pendant la dictature. Les mêmes méthodes produisent les mêmes effets. Et là tout revient en surface.
« Pendant la dictature (1976-1983), de nombreux étudiants y ont été enlevés, torturés et assassinés. Certaines étudiantes étaient enceintes. C’est à La Plata qu’a débuté, plus tard, le mouvement des enfants de disparus. En débutant son livre, Brizuela s’est souvenu d’un mythe des Indiens de la Terre de Feu : «Quand la puberté arrivait, on appelait le garçon dans un cercle et on le lui racontait : au début des temps, les femmes dominaient tout, plus subtiles et plus intelligentes. Les hommes les tuèrent, ne gardant que les bébés, qui ignoraient que les femmes étaient plus subtiles et plus intelligentes que les hommes. Je n’ai pas inséré ce mythe, car il est sans rapport direct avec le roman, mais il m’a rappelé que, après un coup d’Etat, plus personne ne sait ce qu’il est. Le père n’est plus le père, la mère n’est plus la mère.»
C’est en imaginant le pire qu’on parvient à conter ce à quoi on n’a pu échapper. »
il a imaginé le pire et le roman est magnifique.
