Nos silences de Wahiba Khiari. Ed. BASSE VISION.
En tout cas bien vu ce petit roman qui fait du bruit dans nos consciences.
L’auteure nous dit « il a fallu prendre du recul par rapport à l’Algérie des années 90. Rompre mon silence et celui des autres et surtout le silence de la peur ». 10 ans.
Ces années noires où combien de jeunes filles enlevées, torturées et violées ? Et après on leur demande de pardonner !
Son vécu personnel et les témoignages autour d’elle ont permis cette petite perle de révolte et de dignité.
C’est l’histoire de ces jeunes filles, de l’horreur des fous, de ce pays où les contradictions sont « HENORMES » ;
Extraits : «Ici, on a peur des mots, surtout ceux qui viennent d’ailleurs, on les chasse, les brûle, puis on les remplace par le silence ».
« Ils ont fait des fatwas, les autres, pour tout ce qui leur passait par la tête et même ailleurs que par la tête. Ils se sont faire des fatwas comme des prescriptions sur ordonnance, des fatwas de connivence entre collègues.
Ils ont retaillé l’islam à leur mesure, rajouté les vierges à leur butin de guerre, une récompense, un trophée. »
L’Algérie des années 90 ?
Interview à Angoulême :
Ces années ont-elles des années de culpabilité pour vous, réfugiée à Tunis ?
Je suis partie à Tunis pour pouvoir écrire. Mais avant, j'ai vécu le plus gros du danger. J'ai connu pendant toutes les années 90 la peur, les enlèvements, les crimes. J'ai enseigné quatre ans dans un lycée à côté de Constantine avant de partir. La culpabilité est présente bien sûr, parce que j'ai eu la chance de pouvoir partir, d'avoir survécu, d'avoir survécu au pire.
Quelle est la part de réalité et de fiction dans «Nos silences» ?
Il y a beaucoup de moi dans les deux filles. J'ai plongé dans mon vécu personnel et dans les témoignages récoltés tout autour de moi. Je n'invente pas les faits, mais les personnages ne sont ni nommés ni précisés pour donner un caractère universel à l'histoire.
Celle qui part d'Algérie était aussi professeure... Enseigner, ce n'était plus possible pour vous?
Non, il me fallait écrire pour être utile. Ecrire permet de tout dire, de passer à travers l'émotion, de mieux faire ressentir les choses grâce à des images poétiques. Je ne m'attendais pas à ce que ce livre émeuve autant de monde.
CE LIVRE M’A EMU.
