La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement de Svetlana Alexievitch. Ed. Actes Sud.
Un livre extraordinaire sur la vie aujourd’hui en Russie qui est résumé dans son et sous titre.
Un livre qui représente une somme de travail et de recherches dans tous les milieux de la société qui composent la Russie.
542 pages d’un livre grand format qui se lit sur plusieurs mois pour deux raisons :
La première, lire d’une traite, sur la vie des gens s’avèrent rapidement ennuyeux.
La seconde, laisser les histoires lues décanter dans notre tête pour mieux reprendre l’intérêt de ces vies.
Elle a été avec son magnéto à la rencontre du peuple.
C’est en lisant ce livre qu’on fini par comprendre la Russie. Pourquoi les symboles (faucille et marteau, les statues de Lénine et le mausolée) de l’époque du communisme sont encore là ?
Comment le PC Russe reprend du poil de la bête ?
« Le communisme avait un projet insensé : transformer l’homme ancien, le vieil Adam. Et cela marché… » et Svetlana le démontre admirablement dans la restitution de ces témoignages.
Extrait « « Moi j’ai grandi dans une famille de dissidents... Mes parents connaissaient Sakharov, ils diffusaient du samizdat. J’ai lu avec eux Vassili Grossman, Evguénia Guinzbourg, Sergueï Dovlatov... (...) J’écoutais Radio Liberté. Et en 1991, bien entendu, j’étais avec eux dans la chaîne qui s’était formée autour de la Maison-Blanche, prêt à sacrifier ma vie pour que le communisme ne revienne pas. (...) Pour nous, le communisme était lié à la terreur, au Goulag. À une cage. Nous pensions qu’il était mort. Mort pour toujours. Vingt ans ont passé... J’entre dans la chambre de mon fils, et qu’est-ce que je vois sur son bureau ? Le Capital de Marx, et sur une étagère, Ma vie de Trotski... Je n’en croyais pas mes yeux ! Marx est de retour ? »
Est-ce donc vraiment la fin de « l’homme rouge » ?
