L’opticien de Lampedusa de Emma-Jane Kirby. Ed. Equateurs.
Il y a, comme çà, des romans qu’on attend avec impatience pour les lire.
On en attendait tellement qu’on est un peu déçu par excès d’enthousiasme.
Pas Celui-ci !
Merci à Emma-Jane d’avoir utilisé ses compétences et son métier de journaliste pour écrire cette petite merveille.
Comme on dit « elle a joint l’utile à l’agréable ».
Ce roman est écrit comme une lettre qui nous est adressée personnellement et par la même occasion à toute l’humanité, pour dénoncer la situation faite aux migrants dans cette partie de la méditerranée.
Je ne sais pas, si ce roman complète le film « Fuocoammare » de Gianfranco Rosi ou bien le film complète ce roman « l’opticien de Lampedusa » mais il faut lire le roman et voir le film ou bien voir le film et lire le roman.
Indispensable pour pas laisser dire à la terre entière : « on ne savait pas ».
Pour bien finir cette chronique de ce livre, l’écriture est poétique pleine d’émotions.
L’opticien et ses amis sauvent 47 personnes. Ils voulaient les sauver tous et toutes. Ils n’ont pas pu.
Peut-on vivre avec cette culpabilité dans l’âme ?
Cette histoire m’a fait penser à un poème de Bertolt Brecht que chante merveilleusement Daniel Viglietti « Yo vivo un tiempo de guerre, un tiempo sin sol » surtout cette partie :
Je vis un temps de guerre,
Je vis un temps sans soleil.
Seuls ceux qui ne savent pas les choses peuvent rire.
Hélas, Dans cette triste période
Ils parlent d'amour et de fleurs
Il est à oublier tant de personnes qui souffrent dans la douleur.
Tout le monde me dit que je devrais manger et boire,
Mais puis je manger, et boire,
Quand je sais que ce je mange et bois
Je le prends à un frère qui a faim,
Un frère qui a soif, à un frère ?
