L’ordre du jour d’Éric Vuillard. Ed. Actes Sud.
En 154 pages, dans un récit concis, précis, l’auteur nous fait pénétrer dans les coulisses de l’Anschluss.
« Une démonstration magistrale. Dans les premiers chapitres, il revient sur le rôle des industriels allemands dans le agissements des nazis, 24 personnes, le grand patronat allemand – Gustav Krupp, Von Siemens, Wolf-Dietrich, Von Opel, Vogler, etc. « nous sommes au Nirvana de l’industrie et de la finance », ont choisi, le 30 janvier 1933, Hitler comme Grand Chancelier.
Éric Vuillard, dans cet admirable récit secoue les images et les mythes que « l’histoire propagande » a véhiculé. Un texte contre la lâcheté des dirigeants en Autriche et en Europe, contre la veulerie et la résignation.
Un livre éclair qui répand sur l’histoire une lumière crue.
Merveilleux chapitre « un embouteillage de panzers » sur la guerre éclair contre l’Autriche. « Une armée en panne, c’est le ridicule assuré » mais quel dirigeant des autres nations a profité de cette faiblesse pour « tuer le monstre dans l’œuf » ?
L’Anschluss y est décrit avec minutie évidemment et qu’après, je rajouterai toutes les horreurs des crimes nazis.
Fin de la guerre, « les entreprises ne meurent pas comme les hommes ».
« Mais le trône, lui, demeure, quand le petit tas de chair et d’os s’aigrit dans la terre. Ainsi les 24 ne s’appellent ni Schnitzler, ni Witzleben, ni Schmitt, ni Finck, ni Rosterg, Heubel, comme l’état civil nous incite à le croire. Ils s’appellent Basf, Bayer, Agfa, Opel, Ig Farben, Siemens ? Allianz, Telefunkun, Sous ces noms, nous les connaissons. Nous les connaissons même très bien. »
