La tristesse de la terre d’Éric Vuillard. En sous-titre : Une histoire de Buffalo Bill Cody.
Pas la peine de se casser la tête, Un bon résumé en quatrième de couverture. C’est rare.
" Créé en 1883, le Wild West Show de Buffalo Bill proposait d'assister en direct aux derniers instants de la conquête de l'Ouest : au milieu de cavaliers, de fusillades et d'attaques de diligences, des indiens rescapés des massacres y jouaient le récit de leurs propres malheurs. L'illusion était parfaite. Par la force de la répétition et le charme de la féerie, le Wild West Show imposa au monde sa version falsifiée de l'Histoire américaine. » Comme aujourd’hui avec le cinéma d’Hollywood. Lire le livre de Pierre Conessa sur le rôle du cinéma dans la culture américaine.
Ce livre a deux faces : la réalité des massacres et la falsification de l’histoire.
Page 90 : « Quelques indiens tournent autour des rangers en criant comme Buffalo Bill leur a appris à le faire. Ils font claquer leur paume sur leur bouche, whou !whou !.... Mais ce cri de guerre, ils ne l’ont poussé ni dans les grandes plaines ni au Canada, ni nulle part ailleurs- c’est une pure invention de Buffalo Bill.
Et ce cri de scène, cette formidable trouvaille de bateleur, ils ne savent pas encore qu’il leur faudra le crier sans cesse, dans toutes les mises en scène où on les emploiera à jouer les figurants de leur propre malheur.
Oui ils ignorent encore le destin de ce truc inventé, ils ne peuvent pas imaginer que tous les enfants du monde occidental vont désormais, tournant autour du feu, faire vibrer leur paume sur leur bouche en poussant « des cris de sioux », ils ne peuvent pas imaginer le prodigieux avenir de cette chose grotesque, le fabuleux pouvoir de combustion du sens à travers le spectacle. »
